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Vendredi 01 Juillet 2005 À 09:35
Message
#1
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Groupe : Membre Messages : 36 Inscrit : 22/06/2005 Membre n° 45 |
Bonjour,
Je vous propose de soumettre dans ce fil les livres qui vous ont paru intéressants et touchant au monde arabe et à la pensée islâmique. ![]() Langue : Français Éditeur : Les Editions Desjonquères (13 mai 2005) Collection : La mesure des choses Format : Broché - 951 pages ISBN : 2843210747 Dimensions (en cm) : 16 x 4 x 24 4ème de couverture: Cette histoire de la pensée dans le monde musulman représente la somme actuelle de nos connaissances dans ce domaine. Après avoir retracé la genèse des conceptions fondamentales de l'Islam, notamment la naissance des univers intellectuels et spirituels du sunnisme et du chiisme, elle examine les grands courants de pensée qui, au sein de ces deux univers, se sont développés des origines à nos jours, du Maghreb à l'Inde en passant par l'Espagne musulmane, la Mésopotamie et l'Iran. Loin d'évoquer les seules conceptions philosophiques, l'ouvrage les replace dans le cadre général de la pensée. Par-delà la philosophie proprement dite, il envisage le droit, la théologie, la théosophie et le soufisme. Ce tableau d'ensemble s'attache aussi à présenter des philosophes et des mystiques non musulmans, notamment juifs, dont les conceptions ont été développées en terre d'Islam, étude qui permet en retour une meilleure situation des penseurs musulmans dans leur monde intellectuel et spirituel. Enfin, cette histoire de la pensée dans le monde de l'Islam se poursuit jusque dans ses prolongements les plus actuels, éclairant à la fois les tentatives modernes de réforme comme les retours récents au fondamentalisme. Chaque penseur est présenté selon un examen systématique de ses opinions métaphysiques, cosmologiques, physiques, psychologiques, éthiques et, le cas échéant, esthétiques ou politiques. Cet exposé du contenu des œuvres se complète d'une mise au point de l'état des textes, créant un outil précieux pour la recherche, cependant qu'une bibliographie critique choisie, mise à jour pour la traduction française, oriente à chaque chapitre le lecteur désireux d'approfondir ses connaissances. Biographie de l'auteur Miguel Cruz Hernandez, né en 1920, a détenu la chaire de philosophie et de psychologie de l'université de Salamanque de 1950 à 1975, puis de pensée islamique à l'université autonome de Madrid, de 1975 à 1998. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la question, de La Métaphysique d'Avicenne (Grenade, 1949) à Abu l-Walid ibn Rusd (Averroès) : vie, œuvre, pensée, influence (Cordoue, 1986), outre de nombreuses traductions. Sa synthèse de l'histoire spirituelle et intellectuelle de l'Islam est un ouvrage de référence qui fait autorité. Ce message a été modifié par Sami - Vendredi 01 Juillet 2005 À 09:36. |
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Vendredi 01 Juillet 2005 À 11:59
Message
#2
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![]() ännA Harcöz Groupe : Membre Messages : 615 Inscrit : 20/06/2005 Lieu : @Le149 Membre n° 30 |
![]() Henri Corbin Histoire de la Philosophie islamique ed. Folio une pointure, un classique ![]() Albert Hourani Histoire des peuples arabes ed. Points / Histoire terrible ![]() Maxime Rodinson Mahomet ed. Points / Essais une biographie magistrale (et matérialiste) du Prophète; l’une des tentatives les plus marquantes au XXe siècle pour comprendre, d’un point de vue rationaliste, les origines économiques et sociales de l’islam. -------------------- Smooth Opérateur
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| Hari Seldon |
Vendredi 01 Juillet 2005 À 12:15
Message
#3
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Invités |
Arf, encore 3 bouquins à lire au moins ^^
merci |
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Vendredi 08 Juillet 2005 À 12:57
Message
#4
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Groupe : Membre Messages : 36 Inscrit : 22/06/2005 Membre n° 45 |
J'aime beaucoup les travaux de Rodinson. Idem pour les deux autres livres, ceux de Corbin et de Hourani, qui sont de très bons livres.
Un autre livre, majeur, sur l'histoire de l'expansion musulmane, et qui est un bon complément au cours d'islamologie en particulier: ![]() C'est un travail très complet, avec une bibliographie excessivement bien fournie (si ma mémoire est bonne, plus de 300 références). J'ajoute un livre de Franco Cardini, dont j'ai fait la critique sur mon blog: http://sarakenoi.blogspot.com/2005/07/europe-et-islam.html |
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| Hari Seldon |
Jeudi 14 Juillet 2005 À 09:00
Message
#5
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Invités |
Sujet à compléter, je l'épingle également
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Jeudi 14 Juillet 2005 À 12:46
Message
#6
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Groupe : Membre Messages : 36 Inscrit : 22/06/2005 Membre n° 45 |
Deux livres sur Ibn Rushd:
![]() ![]() Et la critique sur mon blog: http://sarakenoi.blogspot.com/2005/07/deux...-ibn-rushd.html |
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Mercredi 24 Août 2005 À 17:56
Message
#7
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Groupe : Membre Messages : 160 Inscrit : 23/06/2005 Membre n° 49 |
QUOTE(Sami @ jeudi 14 juillet 2005 à 13:46) pour revenir sur du contemporain qui a lu "HUMANISME ET ISLAM" , combats et propositions du professeur Mohammed Arkoun ( Vrin poche, 320 pages et 11,50 euros)...car il est déjà épuisé et je n'arrive pas à me le procurer ! Quelles en sont les principales idées??? |
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Mardi 30 Août 2005 À 21:59
Message
#8
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![]() ännA Harcöz Groupe : Membre Messages : 615 Inscrit : 20/06/2005 Lieu : @Le149 Membre n° 30 |
![]() Minorités en Islam, géographie politique et sociale ; de Xavier de Planhol C'est propre et précis comme du travail universitaire; ce n'est pas infiniment accessible, c'est pointu, tout de même. Mais ceux que le sujet passionne, passeront outre. Ouvrage d'un géographe, il analyse les problêmes humains, religieux, et donc politiques (c'est la même chose) du point de vue géographique; j'ai trouvé cet aspect terrible; par exemple, quelle montagne constitue un bon refuge pour les minorités refoulées, et pourquoi? Le bouquin est cher: volez-le, ou passez au 4, rue de Lille. -------------------- Smooth Opérateur
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Mardi 30 Août 2005 À 22:07
Message
#9
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![]() ännA Harcöz Groupe : Membre Messages : 615 Inscrit : 20/06/2005 Lieu : @Le149 Membre n° 30 |
QUOTE Maxime Rodinson, le savant et le militant par Farouk Mardam-Bey Membre du comité de rédaction de la « Revue d’études palestiniennes », Farouk Mardam-Bey (*) rend ici hommage à Maxime Rodinson, intellectuel hors normes, et homme de fidélité et d’engagement. Orientaliste atypique, marxiste iconoclaste, Maxime Rodinson, qui vient de disparaître à l’âge de 89 ans, ne se reconnaissait aucune spécialité, sauf peut-être le guèze (l’éthiopien littéraire), qu’il enseignait à l’École pratique des hautes études. Et pourtant, à consulter son époustouflante bibliographie, riche de près de huit cents entrées, on constate d’emblée que ce fils d’ouvrier immigré, né dans une famille communiste d’origine juive venue d’Europe orientale, pouvait se mesurer aux meilleurs spécialistes dans une bonne dizaine de disciplines. Il était à la fois philologue et philosophe, anthropologue et historien, sociologue et épigraphe, et à la différence de la quasi-totalité de ses pairs, il cherchait toujours à marier le souci du détail et le goût de la théorie, la rigueur du savant et la vigueur du militant. La dispersion que certains lui reprochaient ne l’a pas empêché de produire des livres et des articles de référence sur des sujets aussi éloignés les uns des autres que les inscriptions sudarabiques, la possession à Gondar, le marxisme et la nation, le secteur capitalistique en islam médiéval, les activismes idéologiques à travers l’histoire, ou encore les documents arabes relatifs à la cuisine. Sans oublier les centaines de notices, souvent non signées, qu’il a rédigées pour le Bulletin critique du livre français et qui transgressaient allégrement les frontières reconnues entre les disciplines universitaires. Sa biographie du prophète Muhammad, quoique critiquée de nos jours sur certains points, reste l’une des tentatives les plus marquantes au XXe siècle pour comprendre, d’un point de vue rationaliste, les origines économiques et sociales de l’islam. De même, on ne peut traiter de la relation entre religion et vie économique dans le monde musulman sans revenir à son livre fondateur, Islam et capitalisme. Et face aux sottises débitées à longueur de journée sur les Arabes, y compris par les Arabes eux-mêmes, il n’est pas contre-poison plus efficace que la lumineuse synthèse sobrement intitulée les Arabes. Il ne fait cependant aucun doute que l’oeuvre de Rodinson qui l’a subitement propulsé sur le devant de la scène, et qui lui a valu beaucoup d’amis et autant d’ennemis, est son long article « Israël, fait colonial ? », paru par un étrange hasard en juin 1967, dans le volumineux numéro spécial consacré par Les Temps modernes au conflit israélo-arabe. Certes, l’auteur était déjà connu pour son hostilité au sionisme : il avait même participé à la Mutualité, quelques mois auparavant, à l’un des premiers meetings organisés en France pour soutenir la cause palestinienne. Les sionistes, avait-il expliqué, étaient doublement fautifs : d’une part, parce qu’ils prétendaient imposer aux juifs du monde entier une idéologie nationaliste comme si c’était le corollaire obligé de l’identité juive, d’autre part, parce qu’ils entendaient judaïser un territoire arabe au prix de l’expulsion et de la domination de ses habitants. Il n’en demeure pas moins que c’est l’article des Temps modernes, érudit, nuancé et d’une admirable clarté, qui a le plus contribué en France à la prise de conscience du caractère colonial de l’État d’Israël. Ce constat il faut le préciser n’amenait pas Rodinson à mettre en cause l’existence d’Israël, comme l’ont prétendu ses contempteurs sionistes, avec une virulence parfois abjecte. Au contraire, il préconisait en conclusion une solution pacifique fondée sur la coexistence en Palestine de deux entités, israélienne et palestinienne. Position qu’il a défendue de façon plus argumentée en 1968, après l’occupation par Israël de ce qui restait de la Palestine, et cela au terme d’une histoire limpide du conflit destinée au grand public, Israël et le refus arabe. D’autres écrits réunis en 1981 sous le titre Peuple juif ou problème juif ? viendront par la suite confirmer son rejet viscéral du judéocentrisme, en vogue depuis 1967, et son engagement pour une paix durable entre Israël et les Arabes. En les relisant aujourd’hui, on est immédiatement saisi par l’honnêteté intellectuelle et l’immense savoir qui sous-tendent chaque phrase. Et l’on s’aperçoit en même temps que cet ami le plus fidèle des Arabes a été, comme il se doit, le moins complaisant à leur égard. C’est assurément la raison pour laquelle il a exercé sur une partie de l’intelligentsia arabe de gauche une influence dont il ne mesurait pas lui-même la portée. Le juif déjudaïsé qu’il était aura été, plus que personne, notre initiateur en matière d’histoire et de sociologie du judaïsme... L’auteur de ces lignes a connu, lu, admiré et aimé Maxime Rodinson. Je l’ai rencontré pour la première fois en 1981, en compagnie d’Elias Sanbar, à l’époque où nous nous préparions à lancer la Revue d’études palestiniennes. Ce jour-là, plus que par son érudition probablement parce que nous en savions déjà quelque chose ! , nous avons été frappés par sa grande simplicité, sa combativité intacte, son humour et ce mélange de modestie et de fierté à quoi l’on reconnaît les vrais savants. Il nous a honorés, dès le premier numéro, d’un article qui portait ce titre : Quelques idées simples sur l’antisémitisme. En vingt-trois ans, les choses en France étant ce qu’elles sont, il n’a pas pris une ride. QUOTE Maxime Rodinson était avant tout, par vocation et par goût, un chercheur. Toute sa vie, il s’est astreint à ce qu’il appelait les «exercices concrets» de la recherche : la collecte et le dépouillement des sources primaires (sur d’innombrables fiches, à l’imitation de Marcel Mauss), la lecture critique (dont témoigne un nombre impressionnant de recensions, notamment pour le Bulletin critique du livre français), l’entretien de la mémoire (en apprenant par cœur chansons et poèmes), l’écriture assidue (tous les jours de dix heures du matin à une heure de l’après-midi au moins).
Maxime Rodinson tenait en horreur les frontières de toutes sortes, ainsi que les nationalismes et les corporatismes qui les consolident. Ayant longuement vécu en contact direct avec plusieurs sociétés du Proche-Orient – il entendait toujours ces mots dans leur acception la plus large : du Maroc à l’Asie centrale –, se «débrouillant», disait-il modestement, dans une trentaine de langues, familier des bibliothèques et en possédant lui-même une tellement fournie que son poids, dans l’immeuble de la rue Vaneau où il habitait, ne laissait pas d’inquiéter ses voisins des étages inférieurs, toute information lui était bonne, pourvu qu’elle fût de première main, et il s’efforçait de puiser partout les idées et les connaissances qui le faisaient progresser. Ne reconnaissant que les problèmes, il récusait les disciplines : «Quand une question se pose à vous, faites feu de tout bois pour essayer d’y répondre». De cette attitude qu’il recommandait à ses élèves, Maxime Rodinson a été l’un des derniers et des rares savants à pouvoir donner l’exemple. Était-il ethnologue, historien, linguiste, sociologue ? Sans doute tout cela à la fois. De quoi était-il spécialiste ? Des langues et des écritures sémitiques, sans aucun doute ; mais il a aussi écrit, et d’abondance, sur les Turcs et l’Asie centrale. Du monde musulman, certainement ; mais il a également consacré de nombreux travaux (dont quatre livres) à Israël et aux juifs, ainsi qu’à l’Éthiopie. Quant à ses sujets de recherche – la lune, l’écriture, la magie et la possession, la médecine, l’économie, les classes sociales, les phénomènes ethniques, le racisme, etc. –, c’est peu dire qu’ils manifestent la même insatiable curiosité. L’œuvre, immense, de Maxime Rodinson – sa bibliographie compte un millier de titres, dont douze livres, maintes fois réédités et traduits en plusieurs langues – ne se laisse pas aisément enfermer dans des tiroirs. Plusieurs préoccupations majeures paraissent cependant la traverser de part en part et en constituer l’ossature. * Profondément marqué par l’atmosphère de militantisme et de débat politiques qui baigna son enfance et son adolescence, et malgré son exclusion du PCF, Maxime Rodinson n’a jamais renié le marxisme, pourvu qu’il soit critique et indépendant. Parce qu’il était marxiste, donc, convaincu que «pour vivre, il faut avant tout boire, manger, se loger, s’habiller et quelques autres choses encore. [Et que] Le premier fait historique est donc la production des moyens permettant de satisfaire ces besoins, la production de la vie matérielle elle-même» (Karl Marx & Friedrich Engels, L’Idéologie allemande, 1845), aussi parce qu’il a été l’élève de Marcel Mauss, dont l’enseignement l’a sensibilisé à l’étude des techniques en ethnologie, par défi, enfin, à l’égard des milieux islamologiques de l’époque, dominés, à l’instar de Louis Massignon, par la séduction des mystiques, c’est à la cuisine arabe que Maxime Rodinson avait décidé de consacrer ses premiers travaux (Recherches sur les documents arabes relatifs à la cuisine, 1949). Loin d’être une toquade de jeune chercheur en mal d’originalité, cet intérêt pour les techniques et, plus généralement, pour les bases économiques des sociétés, resta présent, à des degrés divers, dans toute son œuvre, fondant la démarche même de son Islam et capitalisme (1966) bien sûr, mais aussi, déjà – et c’était là une hardiesse voire un sacrilège que certains ne lui ont toujours pas pardonnés –, de son Mahomet (1961). Toujours est-il que ces deux œuvres majeures, outre qu’elles firent voler en éclats les frontières entre sciences sociales et orientalisme, marquèrent, dans les années 1960, un tournant dans l’étude des sociétés musulmanes : désormais, la religion ne préside plus seule à leurs évolutions contemporaines comme à leurs premiers développements ; la culture, le politique, l’économie lui sont indissolublement liés. De sa jeunesse prolétarienne et autodidacte, Maxime Rodinson s’enorgueillissait d’avoir gardé un esprit «primaire», farouchement indépendant, indifférent à l’attrait des modes intellectuelles, méfiant à l’égard des «idées générales» et de ceux qui les produisent. À vrai dire, nul n’était mieux placé que Maxime Rodinson, en tant, à la fois, que juif d’origine (mais antisioniste), que marxiste de conviction («institutionnel» puis «indépendant») et qu’islamologue de profession, mais engagé dans son siècle, aussi attentif aux mouvements contemporains qu’aux phénomènes originels, pour décrire de l’intérieur et analyser avec distance les religions et les idéologies, pour déjouer leurs pièges – «The devil himself can cite Scripture for his purpose», se plaisait-il à répéter –, pour mesurer leur emprise et leurs dégâts (voir Marxisme et monde musulman, 1972). De fait, Maxime Rodinson n’a guère laissé passer d’occasion, en un demi-siècle, de vilipender ceux qui – «secondaires et agrégés, essayistes et littérateurs», clercs d’ici et d’ailleurs – produisent et diffusent ces «idées générales» qu’il détestait tant. Il se montrait particulièrement sévère à l’égard de ceux qui, du haut d’une notoriété acquise dans un domaine précis, s’autorisent à émettre des avis qui risquent de faire autorité sur des sujets dont ils ne sont pas spécialistes. C’est dans ce cadre que se situe, par exemple, sa passe d’armes avec Claude Lévi-Strauss, à qui il a durement reproché ses approximations sur l’islam, non sans charger l’auteur de Tristes tropiques de péchés que celui-ci n’avait pas commis (des échos de cette polémique se trouvent dans Anthropologie structurale, 1958, pp. 363-370). * Maxime Rodinson laisse une œuvre immense mais aussi, hélas, une œuvre inachevée. Ses étudiants ont longtemps attendu, en vain, le Précis d’ethnologie du Proche-Orient annoncé pour la première fois en 1966, sur la quatrième de couverture d’Islam et capitalisme. Furent également annoncés un Recueil de textes sur la secte des Assassins qui ne vit jamais le jour, et des Études sur la théorie des idéologies auxquelles, par manque de temps, Maxime Rodinson ne réussit pas à donner d’autre forme que celle, sur le tard, d’une réunion d’articles parue en 1993 (De Pythagore à Lénine : des activismes idéologiques). C’est que, en plus (et en partie au détriment) de ses travaux de recherche, Maxime Rodinson n’a jamais cessé de s’intéresser activement à l’actualité, particulièrement chargée et dramatique, du Proche-Orient. La «guerre des Six jours» (5-10 juin 1967) entre Israël et les pays arabes est certainement un événement qui a bouleversé sa vie. En effet, il publia alors, en ouverture d’un épais numéro spécial des Temps Modernes consacré au «conflit israélo-arabe», un article volumineux (71 pages) où il identifie Israël à un «fait colonial» par lequel le monde occidental, faisant d’une pierre deux coups, s’assure une tête de pont au Levant tout en se déchargeant sur les Arabes de la culpabilité du génocide juif. L’article fit grand bruit, lui attirant les insultes des uns et les applaudissements des autres, avec, dans les deux cas, une bonne dose d’incompréhension. Car, en même temps qu’il bataillait sans répit pour une solution pacifique et durable au Proche-Orient – il fonda et anima de 1967 à 1978 le GRAPP (Groupe de recherches et d’action pour le règlement du problème palestinien) –, et sans jamais rien céder sur ses convictions antisionistes, il ne manquait jamais de rétorquer, aux extrémistes partisans de la destruction d’Israël, que ce n’est pas une injustice envers les Israéliens qui permettrait de réparer celle faite aux Palestiniens. * Maxime Rodinson était un savant à l’érudition sans faille et à la pensée exigeante, un militant qui se méfiait de l’activisme, un anticolonialiste qui récusait la «mystique du tiers monde», un humaniste que les idées générales laissaient sceptique. C’était là sa force et la source du respect dont il était entouré, notamment dans les milieux intellectuels progressistes – Maxime Rodinson reçut en 1991, des mains de Jean-Pierre Vernant, le prix de l’Union rationaliste pour l’ensemble de son œuvre – et parmi les musulmans éclairés. C’est aussi pourquoi il était honni par les fanatiques de tous bords. Bibliographie Bibliographie sommaire1 1949 Recherches sur les documents arabes relatifs à la cuisine. Paris, Geuthner (extrait de la Revue des études islamiques, vol. XVII). 1957 «L’Arabie avant l’islam», in Histoire universelle. T. II, Paris, Gallimard («Encyclopédie de la Pléiade») : 3-36 et 1637-1642. 1961 Mahomet. Paris, Club français du livre ; édition revue et augmentée : 1968, Seuil («Politique»). 1962 «La lune chez les Arabes et dans l’Islam», in La Lune, mythes et rites. Paris, Seuil : 151-215. 1963 «Les Sémites et l’alphabet. Les écritures sud-arabiques et éthiopiennes» et «Le monde islamique et l’extension de l’écriture arabe», in L’Écriture et la psychologie des peuples. Paris, Armand Colin :131-146 et 263-274. 1966 Islam et capitalisme. Paris, Seuil. 1967a Magie, médecine et possession à Gondar. Paris-La Haye, Mouton. 1967b «Israël, fait colonial ?», Les Temps Modernes, n° 253 bis : 17-88. 1968 Israël et le refus arabe, 75 ans d’histoire. Paris, Seuil («L’Histoire immédiate»). 1972 Marxisme et monde musulman. Paris, Seuil. 1974 (en coll. avec J. Berque, J. Couland, L.-J. Duclos et J. Hadamard) Les Palestiniens et la crise israélo-arabe. Textes et documents du Groupe de recherches et d’action pour le règlement du problème palestinien (GRAPP), 1967-1973. Paris, Éditions sociales. 1979 Les Arabes. Paris, PUF. 1980 La Fascination de l’Islam, Paris, Maspero («Petite collection»). 1981 Peuple juif ou problème juif ? Paris, Maspero («Petite collection»). 1993a L’Islam : politique et croyance. Paris, Fayard. 1993b De Pythagore à Lénine : des activismes idéologiques. Paris, Fayard. 1998 Entre Islam et Occident (entretiens avec Gérard D. Khoury). Paris, Les Belles Lettres. -------------------- Smooth Opérateur
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Mardi 27 Septembre 2005 À 15:30
Message
#10
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![]() ännA Harcöz Groupe : Membre Messages : 615 Inscrit : 20/06/2005 Lieu : @Le149 Membre n° 30 |
Etats, sociétés et cultures du monde musulman médiéval, Xe-XVe siècle C'est une fabuleuse somme (et néanmoins à peine une introduction); en trois coûteux tomes de 45 euros chacun, malheureusement. T.1 Présentation événementielle T.2 Sociétés et cultures T.3 Problèmes et perspectives de recherche Ce message a été modifié par Ibn Cioran - Vendredi 30 Septembre 2005 À 21:42. -------------------- Smooth Opérateur
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Lundi 24 Octobre 2005 À 19:55
Message
#11
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![]() ännA Harcöz Groupe : Membre Messages : 615 Inscrit : 20/06/2005 Lieu : @Le149 Membre n° 30 |
Pour ceux qui veulent/doivent passer PMO19, je vous conseille de vous y prendre à l'avance : un semestre c'est court et le programme est dense !
Géopolitique du monde arabe, Georges Mutin, Ellipses, environ 100 balles. C'est pédago, un manuel avant tout. Je vous déconseille par contre Maghreb et Moyen-Orient, espaces et sociétés, de Prenant/Semmoud, à moins que vous n'ayez déjà taté de la géographie universitaire: le jargon employé est mortifère... Ce message a été modifié par Ibn Cioran - Lundi 24 Octobre 2005 À 19:55. -------------------- Smooth Opérateur
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Lundi 12 Décembre 2005 À 09:15
Message
#12
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Groupe : Membre Messages : 46 Inscrit : 26/08/2005 Membre n° 175 |
![]() Albert Hourani Histoire des peuples arabes ed. Points / Histoire "Je viens de lire pour vous"... Non ce n'est pas vrai, je n'ai pas réussi à le finir (c'est un euphémisme) tellement je l'ai trouvé soporifique : le ton est lancinant, l'emploi de l'imparfait donne l'impression que l'on est dans un conte, sauf que les détails en auraient été oubliés! C'est sans doute là le souci majeur : résumer l'histoire des arabes en 600 pages me paraît simplement impossible! Au final, Albert Hourani nous propose un très vaste survol de cette histoire, à mon avis trop long pour quelqu'un qui souhaiterait rapidement avoir une vue synthétique, et paradoxalement beaucoup trop court pour quelqu'un qui recherche une époque ou un personnage spécifiques... Toutefois, pour 10 euros, c'est mieux qu'un abonnement à "Public"! |
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Mardi 13 Décembre 2005 À 21:49
Message
#13
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![]() ännA Harcöz Groupe : Membre Messages : 615 Inscrit : 20/06/2005 Lieu : @Le149 Membre n° 30 |
Tu n'as pas aimé ?
A vrai dire, lorsque j'ai acheté ce bouquin, je ne connaissais RIEN de l'histoire de la civilisation arabe; Muhammad, Omeyyades et Abbassides, sunnites et chiites, c'est tout. Et il m'a permis - au moins - de poser des cadres, de débroussailler un peu. Lorsque j'y reviens, c'est vrai qu'il me semble un peu léger - mais 1500 ans d'histoire en 600 pages, c'est une performance. Or je trouve ce survol plutôt bien construit. -------------------- Smooth Opérateur
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Samedi 28 Janvier 2006 À 11:55
Message
#14
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Groupe : Membre Messages : 46 Inscrit : 26/08/2005 Membre n° 175 |
![]() Comme ouvrage de départ : Alili C'est une approche très pragmatique et claire de l'islam pour un non initié. Je l'ai trouvé intéressant et neutre. Il traite de l'histoire, de la religion, des penseurs et des courants qui forment l'islam depuis 14 siècles. Il est donc relativement complet : vous apprendrez (sommairement) la vie du Prophète, et vous découvrirez (en détail) les cinq prières quotidiennes par exemple... Il ne convient pas en revanche pour une étude détaillée historique ou théologique sur un point particulier . En résumé, je le trouve Ce message a été modifié par lesbtn64 - Samedi 28 Janvier 2006 À 11:56. |
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Mardi 02 Octobre 2007 À 21:41
Message
#15
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Groupe : Modérateur Administrateur Messages : 1 401 Inscrit : 25/01/2007 Lieu : Lille Membre n° 1 415 |
Je reprends un sujet un peu tombé en oubli, pour le compléter avec "ma" biblio, d'autant plus facilement que les programmes de civilisation ont peu évolué.
Les livres suivants, organisés par domaine, ont été ma base de travail pour les EP de civilisation « empire ottoman de 1800 à 1924 », « islamologie et pensée arabe » et « histoire de l’islam médiéval ». Parmi tous ceux là, ma main courante a été : « la civilisation islamique » de Joseph Burlot édition Hachette Education que j’ai dû ouvrir au moins une fois à chaque cours Généralités "Histoire des peuples arabes" d’Albert Hourani est un complément utile, même s’il est imbuvable… "Histoire des arabes" de Dominique Sourdel collection que sais-je édition PUF Empire ottoman de 1800 à 1924 H. Laurens "L’orient arabe, arabisme et islamisme de 1798 à 1945" Le livre de référence de la prof Y. Ternon "Empire ottoman le déclin, la chute, l’effacement" Tout et même plus sur l’empire ottoman, pour creuser certains points. F. Hitzel "L’empire ottoman XV° XVIII° siècles" Pour comprendre la situation en début de période étudiée, agréable et facile à lire. Islamologie et pensée arabe P. Sénac "Le monde musulman des origines au XI° siècle" M. Reeber "L’islam" A. Merad "la tradition musulmane" (que sais je) M. Arkoun "La pensée arabe" (que sais je) Geoffroy "Initiation au soufisme" Islam médiéval Je n’ai pas suivi cette discipline pendant l’année, j’ai récupéré les cours auprès de ceux qui ont été assidus ; le seul livre que j’ai consulté est : B. Picard Le monde musulman du XI° au XV° siècle La lecture de tous ces livres permet de couvrir la période, en complément d'une assiduité aux cours ou de la récupération des cours auprès d’étudiant(e)s sérieux. Mon choix a été guidé par une volonté d'économie (temps et finance) à l’exception du livre de Hourani. -------------------- "Just another day in paradies !"
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Vendredi 30 Juillet 2010 À 17:08
Message
#16
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Groupe : Modérateur Administrateur Messages : 1 401 Inscrit : 25/01/2007 Lieu : Lille Membre n° 1 415 |
Parce qu'en plus des livres, il existe des sites intéressants, je vous copie colle un mail reçu cette semaine.
CITATION Url : http://www.ifporient.org/node/748 La photothèque de l'Ifpo est désormais accessible en ligne, sur le site MédiHAL, une archive ouverte de documents iconographiques scientifiques. MédiHAL offre à l'Institut un outil scientifique pérenne à la hauteur de ses ambitions. Pour l'accès et la mise en valeur des fonds iconographiques de l'Institut, les acquis d'une telle solution technique sont multiples : d'un côté l'Institut va désormais partager "en temps réel" la richesse de ses fonds documentaires avec un bien plus grand nombre de bénéficiaires potentiels ; de l'autre, la plateforme MédiHAL favorise le libre accès aux données de la recherche et facilite l'interaction avec d'autres fonds de même nature. La mise en ligne débutée depuis quelques semaines concerne déjà plusieurs centaines d'images. Cette première étape inaugure une politique de dépôt systématique. Chacun, membre ou ancien membre de l'Institut, est encouragé à déposer photographies, dessins ou infographies mais également, et peut-être surtout, à participer à l'enrichissement de ce dépôt en complétant les informations disponibles. Les collections d'images les plus anciennes manquent en effet souvent des informations précises qui leur confèrent toute leur portée scientifique. Celles et ceux qui connaissent sites, paysages, objets ou évènements représentés sont chaleureusement invités à aider à compléter et à enrichir ces métadonnées. N'hésitez donc pas à écrire à: contact.medihal@ifporient.org Merci à toutes celles et ceux qui sont engagés dans cette entreprise de création des « biens communs » scientifiques et patrimoniaux qui s'inscrit dans l'irrésistible dynamique des Digital Humanities. Bonne visite de ces collections qui, plus que jamais, sont les vôtres ! Références : La collection de l'Ifpo sur MédiHAL Le site de MédiHAL Avant le temps des photos de vacances, celui des images scientifiques MédiHAL : l’archive ouverte de photographies et d’images scientifiques ouvre ses portes MédiHAL sur Wikipedia -- François Burgat, directeur, Institut français du Proche-Orient Ifpo Damas, Amman, Beyrouth, Alep UMIFRE 6 - MAEE CNRS - USR 3135 00 963 933 608 670 Portable 00 963 11 333 02 14 Standard Ifpo 00 963 11 334 22 14 Bureau direct en France 06 81 44 59 68 http://www.ifporient.org http://ifpo.revues.org http://halshs.archives-ouvertes.fr/IFPO/ http://flickr.com/photos/ifpo/ Les sites de l'Ifpo : http://tinyurl.com/bd36wr Bonne découverte de ce nouvel outil. -------------------- "Just another day in paradies !"
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| Version bas débit | Nous sommes le : mardi 07 septembre 2010 à 00:59 |