Ils ont déjà dû annoncer les résultats (du moins provisoires) des élections législatives aux informations polonaises. Car comme vous le savez peut-être, aujourd'hui on votait en Pologne, ou bien dans les ambassades à l'étranger, par exemple à Bratislava, où nous sommes partis en groupe pour la journée.
Parmi les partis concourant pour une représentation à la Diète se trouvait le "Parti des Femmes" (Partia Kobiet), nouveau venu sur la scène politique, inédit dans son concept... mais sans doute un peu léger dans son propos, et à terme peu efficace dans son action potentielle. Ce parti en effet se réclame de l'intérêt des femmes, et c'est tout. Point final. Or l'intérêt des femmes, c'est bien, et ça peut être un très intéressant point de départ ; seulement peut-être pas le début et la fin de tout un programme. Bon. Il y a des articles détaillés sur le net à propos de cette formation, au cas où ça vous intéresse.
La problématique est la suivante : peut-on aller bien loin, dans n'importe quel sens que ce soit (émancipation des femmes ou écologie, par exemple mais notamment), en brassant large jusqu'au bout, en refusant de choisir son camp, en ne plaçant ses revendications concrètes dans aucun système idéologique plus vaste ? Cela ne risque-t-il pas le cas échéant de rester à l'état de slogans, ou au mieux de ne se consacrer qu'à la "guérison" tout en laissant en friche le chantier de la "prévention" ?
Perso je ne crois pas qu'on puisse nulle part échapper à l'idéologie. Quand on se lance dans quelque chose, il faut savoir où l'on se place. Ou apprendre à le savoir. Dans tous les cas vouloir se placer quelque part. Sinon on reste bloqué à un stade infantile impuissant, et on fait de la merde. (Bien sûr la merde ne tue pas, mais elle pue.) Vouloir satisfaire tout le monde à la fois est un mythe (la vie est une lutte à mort), et à trop planer au-dessus de tout sans rien juger, on est au fond surtout pusillanime, voire lâche.
À l'INALCO je pense qu'on manque de politique.
