Aide - Recherche - Membres - Calendrier
Version complète : Peut-on se soustraire à toute idéologie ?
Forum interassociatif des étudiants de l'INALCO (Langues O', Institut National des Langues et Civilisations Orientales) > Vie étudiante aux Langues O' > Expression libre
Jeanne
Ils ont déjà dû annoncer les résultats (du moins provisoires) des élections législatives aux informations polonaises. Car comme vous le savez peut-être, aujourd'hui on votait en Pologne, ou bien dans les ambassades à l'étranger, par exemple à Bratislava, où nous sommes partis en groupe pour la journée.

Parmi les partis concourant pour une représentation à la Diète se trouvait le "Parti des Femmes" (Partia Kobiet), nouveau venu sur la scène politique, inédit dans son concept... mais sans doute un peu léger dans son propos, et à terme peu efficace dans son action potentielle. Ce parti en effet se réclame de l'intérêt des femmes, et c'est tout. Point final. Or l'intérêt des femmes, c'est bien, et ça peut être un très intéressant point de départ ; seulement peut-être pas le début et la fin de tout un programme. Bon. Il y a des articles détaillés sur le net à propos de cette formation, au cas où ça vous intéresse.

La problématique est la suivante : peut-on aller bien loin, dans n'importe quel sens que ce soit (émancipation des femmes ou écologie, par exemple mais notamment), en brassant large jusqu'au bout, en refusant de choisir son camp, en ne plaçant ses revendications concrètes dans aucun système idéologique plus vaste ? Cela ne risque-t-il pas le cas échéant de rester à l'état de slogans, ou au mieux de ne se consacrer qu'à la "guérison" tout en laissant en friche le chantier de la "prévention" ?

Perso je ne crois pas qu'on puisse nulle part échapper à l'idéologie. Quand on se lance dans quelque chose, il faut savoir où l'on se place. Ou apprendre à le savoir. Dans tous les cas vouloir se placer quelque part. Sinon on reste bloqué à un stade infantile impuissant, et on fait de la merde. (Bien sûr la merde ne tue pas, mais elle pue.) Vouloir satisfaire tout le monde à la fois est un mythe (la vie est une lutte à mort), et à trop planer au-dessus de tout sans rien juger, on est au fond surtout pusillanime, voire lâche.

À l'INALCO je pense qu'on manque de politique.
Alain-James
CITATION
À l'INALCO je pense qu'on manque de politique.

Je suis d'accord d'un certain point de vue, celui de la conscience politique - mais je ne parlerais pas de "manque" à proprement parler. Il appartient à chacun de savoir s'il désire oui ou non se politiser, en sachant que ce n'est pas toujours une très bonne idée, ou que cela peut mener à des résultats que ni toi ni moi ne voulons. Pour avoir pu expérimenter les deux côtés de la chose, j'estime qu'il serait dommage de voir des gens professer sur la Chine et l'idéologie (TRES) théorique du PCC sans y avoir jamais foutu les pieds par exemple.
Il n'y a qu'à se souvenir des maoïstes français pour se rendre compte à quel point le manque de pratique sur le terrain et de discernement peut dramatiquement transformer les gens en clowns tragiques. Et aujourd'hui encore je suis sûr qu'on peut croiser ici et là des gens nostalgiques d'un dirigeant qu'ils n'ont jamais connu, d'une pays où ils ne sont jamais allé, et d'une idéologie qu'ils n'ont jamais appliquée. En bref, si la politisation des esprits doit accoucher de ce genre de boulets, je préfère encore qu'on en reste à l'a-politisation...

Si il y a quelque chose que je respecte après deux ans en Chine Pop', c'est bien la liberté des uns et des autres d'avoir leur opinion, ou de ne pas en avoir glare.gif - parfois si on veut éviter de déprimer dans une environnement où tout s'oppose à vos convictions, c'est peut-être mieux ainsi...
Alain-James
Du reste (pardon pour la digression ci-dessus), s'il faut répondre à la question, je n'ai pas su me soustraire à l'idéologie, non seulement parce que j'en étais imbibé avant d'arriver en Chine, mais également parce qu'une fois qu'on est sur place, il est difficile de résister à la tentation d'essayer de convertir les uns et les autres à sa vision politique des choses, d'autant que des Chinois politisés, yen a pas partout, mais qu'en t'en trouve un, il est généralement bien gratiné. Il est certain que la chape de plomb sous laquelle l'Etat maintient la société chinoise te condamne à court terme, en tant qu'Européen politiquement un tant soit peu susceptible et titillable, à t'intéresser à la chose - alors même qu'en Russie je n'avais pas ressenti cette oppression continuelle (mais bon c'était il y a un certain temps, aujourd'hui je veux bien croire que certains la trouvent plus palpable, ils en parleront bien plus justement que moi).

Mais bon, pour avoir fréquenté beaucoup d'expats en Chine, je peux t'affirmer que choisir un camp n'est pas une obligation. La plupart des Occidentaux vivaient très bien sans se soucier d'aucune manière de la chose politique, ni même des Chinois, et ne s'en portaient que mieux. A vrai dire, sur deux ans, j'ai comme l'impression que ceux qui n'avaient jamais eu aucun problème ou cas de conscience dans ce domaine auront certainement été les plus tranquilles et les mieux satisfaits... un peu à la manière des imbéciles heureux.
Prendre la mouche politiquement, c'est se condamner aux emmerdes. Mais s'il fallait refaire ce que j'ai fait, je le referai asmile.gif
Jeanne
Euh...

C'est moi qui ai mal formulé le sujet, j'imagine ? confused.gif

Je crois qu'on ne parle pas du tout de la meme chose. Je comprends également que la politique n'intéresse pas tout le monde ; je parlais évidemment de l'obligation de se placer dans un systeme iéologique uniquement pour les initiateurs de projets et autres défenseurs de causes. Il me semble hors de question qu'un professeur se positionne vis-a-vis de ses éleves trop ouvertement sur la politique de n'importe quel pays, et lorsque je parlais de "politique a l'INALCO", je faisais référence a la facon dont l'Institut était administré, animé, organisé, et surtout pas au contenu des cours.
Alain-James
CITATION
Il me semble hors de question qu'un professeur se positionne vis-a-vis de ses éleves trop ouvertement sur la politique de n'importe quel pays, et lorsque je parlais de "politique a l'INALCO", je faisais référence a la facon dont l'Institut était administré, animé, organisé, et surtout pas au contenu des cours.

Je parlais pas des profs non plus, je croyais qu'on parlait des étudiants...

CITATION
La problématique est la suivante : peut-on aller bien loin, dans n'importe quel sens que ce soit (émancipation des femmes ou écologie, par exemple mais notamment), en brassant large jusqu'au bout, en refusant de choisir son camp, en ne plaçant ses revendications concrètes dans aucun système idéologique plus vaste ? Cela ne risque-t-il pas le cas échéant de rester à l'état de slogans, ou au mieux de ne se consacrer qu'à la "guérison" tout en laissant en friche le chantier de la "prévention" ?

Et ce que je voulais dire, c'était qu'à mon sens cela dépend autant de la cause défendue que de l'environnement politique dans lequel nous évoluons. On peut se permettre plus facilement, au delà de la connotation gauche-droite inhérent à sa cause, d'être a-politisé dans un environnement multipolaire comme celui dont nous disposons en France (on voit bien malgré tout que l'écologie peut-être étiquettée "de gauche" avec les verts ou "de droite" avec Nicolas Hulot) - alors qu'en Chine, prendre une position sur n'importe quel sujet touchant à la société, c'est déjà en soit faire acte de revendication politique dans le sens ou à l'encontre de l'Etat.
Akuma
Je ne sais pas si l'on peut se soustraire à une idéologie, mais en tout cas moi je peux me soustraire à ce sujet - pourtant fort intéressant.

N'oubliez pas de couper internet et votre ordinateur pendant 5 minutes ce soir, pour aider la planète. (est-ce de l'idéologie?)
Jeanne
CITATION(Alain-James @ lundi 22 octobre 2007 à 15:59) *
Je parlais pas des profs non plus, je croyais qu'on parlait des étudiants...

Excuse-moi, j'ai dû lire trop vite et faire cette confusion à cause du mot "professer". ohwell.gif

Sinon, quand je parlais de faire entrer une cause dans une idéologie plus vaste, je m'en tenais à la théorie. Il ne s'agit pas de soutenir ou de se rallier à des gens et des faits réels, mais plutôt l'inverse... théoriser. Les gens s'en tiennent trop facilement aux petits détails de la vie concrète, au lieu de prendre du recul et de voir plus grand.

C'est ridicule par exemple d'éteindre son ordinateur 5 minutes un jour dans l'année, quand on y pense. Ce qui aurait plus de sens est que tous les gens qui utilisent des appareils électriques en possèdent moins, et qu'ils les utilisent moins au quotidien. Ce qui implique moins d'achat, donc moins de vente d'appareils électriques, donc moins de commerce, moins de production, moins d'activité et par conséquent moins d'emplois dans le domaine. C'est exactement ce que je veux dire par "voir plus grand". On se rend alors compte qu'il est impossible car incohérent de se préoccuper de l'économie des ressources énergétiques, tout en souhaitant une croissance (ou même une stagnation) économique dans le domaine électronique/technologie de pointe.

C'est cela qui est complètement hypocrite dans la conscience collective contemporaine. On prétend s'éveiller aux problèmes de la planète, de la politique et de l'économie mondiale (que de grandes idées), et parallèlement on continue tranquillement à consacrer sa vie à la destruction écologique de notre environnement et à l'accroissement des inégalités sociales de par le monde. Bon de ce pas je vais ouvrir un nouveau fil à propos du travail.
pik
aaaaarg désolé Jeanne, je ne résiste pas au hors sujet...
CITATION(Akuma @ mardi 23 octobre 2007 à 17:46) *
N'oubliez pas de couper internet et votre ordinateur pendant 5 minutes ce soir, pour aider la planète. (est-ce de l'idéologie?)


Non c'est de la connerie atongue.gif Éteindre et rallumer ce genre d'appareil constamment c'est très mauvais. Ca les abime, donc faut en acheter plus donc polluer plus. Et puis c'est à l'allumage qu'ils consomment le plus, alors les éteindre pour les rallumer 5mn après, je suis pas sûr de l'eco-gain. (Sans parler du bordel que ça ferait chez EDF si on coupait tout tous en même temps...)

Nan vraiment si vous voulez aider la planète (mais a-t-elle vraiment besoin de votre aide prétentieuse ?), utilisez des ordi portable qui consomme moins que les tours, ou mieux, des PC à faible consommation (ceux qui marchent en 12V 4OW) Pas besoin d'un truc de 400W sur le 220 pour faire du traitement de texte et naviguer sur le net...



Concernant l'idéologisation, d'accord mais de mort lente. Comme Brassens j'adopte l'attitude du normand. Je trouve assez heureuse la non politisation de l'INALCO quand je vois les hurluberlus que ça donne Paris VII

CITATION
À gauche, à droite, au centre, ou alors à l'écart
Je ne puis t'indiquer où tu dois aller car,
Moi le fil d'Ariane me fait un peu peur
Et je ne m'en sert plus que pour couper le beurre !

Crosse-en-l'air, ou bien fleur-au-fusil
C'est à toi d'en décider, choisi !
À toi seul, de trancher s'il vaut mieux
Dire "Amen", ou "Merde à Dieu".

Quand tous les rois pétauds crient "Vive la République"
Que "mort aux vaches" même est un slogan de flics
Que l'on parle de paix le cul sur des canons
Bien heureux celui qui s'y retrouve, moi non !

Crosse-en-l'air, ou bien fleur-au-fusil
C'est à toi d'en décider, choisi !
À toi seul, de trancher s'il vaut mieux
Dire "Amen", ou "Merde à Dieu".

La vérité d'ailleurs, flotte au gré des saisons
Tout fier dans son sillage : on part, on a raison
Mais au cours du voyage elle a viré de bord
Elle a changé de cap : on arrive, on a tord !

Crosse-en-l'air...


Mais je crois que j'ai déjà dit tout ça ici. Je vous invite à chercher le texte complet et la chanson.
Jeanne
Je ne sais pas ce que vous avez tous avec le mot politique. Je suis sûr que vous pensez tous juste à des syndicats ou à des partis. Alors qu'il s'agit simplement, comme l'indique le TLF, de l'"art de conduire les affaires de l'État", de la "science et pratique du gouvernement de l'État." Bon en l'occurrence il n'y a pas d'État, on parle du machin, ie de l'INALCO.
pik
donc à l'inalco on manquerait d'art de conduire les affaires orientalistes ?

Je me suis peut être emporté, tu parlais de choisir son camps, de "prendre parti", j'ai compris "prendre sa carte au parti" asmile.gif

Mais là faut que tu précise quel est cet art dont tu parles dans le cas de l'INALCO...
Jeanne
Il n'y a rien à préciser. Je pense qu'il y a simplement l'air d'y avoir trop peu de gens qui ont un avis sur la question, comparé à la somme de travail à effectuer dans le domaine.
Alain-James
Si tu parles de représentation et de militantisme au sein de l'INALCO, pour ce que j'en ai vu jusqu'à présent, je ne peux qu'aller dans ton sens, en tout cas dans le cadre de mon département. De toute façon, nous au sein du Cursus B de chinois, la "politique", on est en plein dedans, avec tout ce qui va avec: luttes intestines, controverses et rivalités. On va faire ce qu'on peut pour exister, parce qu'on est persuadé d'être actuellement en train d'utiliser la méthode de chinois du futur, et que toutes proportions gardées, on travaille pour l'avenir. Et effectivement, pour défendre une cause, benh faut s'engager et choisir un camp, mais dans notre cas, je dirai que c'est par défaut plutôt que par choix. On aimerait bosser main dans la main avec tout le monde, mais à partir du moment où certains ont intérêt à nous mettre des bâtons dans les roues, les prendre à contre-pied nous oblige forcément à nous engager. Dans ces cas-là, j'ai tendance à croire que l'apparition d'un espace politique au sein de l'INALCO ou de l'un de ses départements est plutôt l'aveu d'un échec, d'une absence de consensus, plutôt qu'un réel point positif. Quand la situation est aussi limpide qu'elle l'est dans notre cas bien précis, on s'attendrait plutôt à de la collaboration bienveillante plutôt qu'à des pierres, m'enfin bon...

Tu dis bien que l'ATILF donne comme définition de la politique "la gestion d'un Etat". Si je compare la définition du même dictionnaire à la nature de l'INALCO, je me dis qu'on pourrait bien se passer de politique si tout le monde était de bonne volonté: entre gérer 3000 pékins en chinois, uniquement sur le plan éducatif, et gérer quelques millions de personnes sur un plan administratif, culturel, médical, éducatif, économique et militaire, ya une marge dont il serait si plaisant de ne pas s'encombrer... Mais bon. spamafote.gif
BaiLang06
CITATION(Jeanne @ mercredi 24 octobre 2007 à 08:48) *
Il n'y a rien à préciser. Je pense qu'il y a simplement l'air d'y avoir trop peu de gens qui ont un avis sur la question, comparé à la somme de travail à effectuer dans le domaine.


Quel est le domaine où il y a du travail à effectuer ?

Si c'est l'Inalco "global", l'expérience de la très grande majorité des étudiants se limite à mon avis au site web de l'Inalco et à la venue annuelle rue de Lille pour l'inscription administrative. Après, on sait qu'il y a un Conseil d'Administration, dont on peut trouver les pouvoirs dans le décret de 1994 (je les cite pour les lecteurs du forum) :
1. Les orientations générales de l'établissement ;
2. Le programme d'enseignement et de recherche ainsi que le contrat d'établissement ;
3. Les règles relatives aux conditions d'admission des étudiants ;
4. Le budget et ses modifications ;
5. Le compte financier et l'affectation des résultats ;
6. Le règlement intérieur de l'établissement ;
7. Les acquisitions, aliénations et échanges d'immeubles ;
8. Les emprunts, les prises de participation financière et créations de filiales ;
9. Les dons et legs ;
10. Les actions en justice et les transactions.
Il détermine les catégories de contrats et conventions qui en raison de leur nature ou des montants financiers engagés doivent lui être soumis pour approbation").

Certains de ces sujets intéresseraient probablement des étudiants (programme d'enseignement, règlement intérieur), mais...les ordres du jour prévisionnels et les compte-rendus ne sont pas sur le site de l'Inalco, donc je ne vois pas bien comment nos élus pourraient organiser le recueil des avis des étudiants non élus.

D'autant plus que les sujets concrets communs aux étudiants des différents départements ne me paraissent pas évidents : un étudiant en Chinois est à mon avis indifférent sur le plan pratique au fait que la structure Inalco offre aussi les langues XXX et YYY, tant qu'il ne cherche pas à les apprendre.

Même le département me semble être un cadre un peu grand. L'année est le seul vrai point commun, mais je comprends très bien qu'une fois qu'on est sorti de L0, on s'intéresse plus aux problèmes de L1, etc.

Ma seule conviction : le présent forum est le seul endroit adapté à la discusssion de sujets entre étudiants. Au moins pour Dauphine Chinois, dont le fonctionnement en L0 est clairement : on vient pour les cours, et on le quitte aussitôt après. Mais...aucune affiche ne fait connaître son existence...Ou alors, j'ai peut-être mal vu.

Ensuite, il faudra trouver un lien avec les élus. Je sais que des élus aux CA participent au forum. Par contre, je ne suis pas sûr que des élus de mon département y viennent, et je n'ai pas trouvé l'affiche indiquant comment contacter ces élus étudiants du départment. Mais ...c'est ici que j'ai été renseigné (Voir le sujet "délégués de classe" et les malheurs d'A-J).


berger46
. Or l'intérêt des femmes, c'est bien, et ça peut être un très intéressant point de départ ; seulement peut-être pas le début et la fin de tout un programme. Bon. Il y a des articles détaillés sur le net à propos de cette formation, au cas où ça vous intéresse.

La problématique est la suivante : peut-on aller bien loin, dans n'importe quel sens que ce soit (émancipation des femmes ou écologie, par exemple mais notamment), en brassant large jusqu'au bout, en refusant de choisir son camp, en ne plaçant ses revendications concrètes dans aucun système idéologique plus vaste ? Cela ne risque-t-il pas le cas échéant de rester à l'état de slogans, ou au mieux de ne se consacrer qu'à la "guérison" tout en laissant en friche le chantier de la "prévention" ?

Perso je ne crois pas qu'on puisse nulle part échapper à l'idéologie. Quand on se lance dans quelque chose, il faut savoir où l'on se place. Ou apprendre à le savoir. Dans tous les cas vouloir se placer quelque part. Sinon on reste bloqué à un stade infantile impuissant, et on fait de la merde. (Bien sûr la merde ne tue pas, mais elle pue.) Vouloir satisfaire tout le monde à la fois est un mythe (la vie est une lutte à mort), et à trop planer au-dessus de tout sans rien juger, on est au fond surtout pusillanime, voire lâche.

À l'INALCO je pense qu'on manque de politique.
[/quote]
question,résultant sans doute d'une mauvaise interprétation(et je t'en prie de m'en excuser)
Est-ce que tu donnes au mot "idéologie" le sens d'une construction mentale élaborée?
Toute façon de voir et de juger les choses représente une idéologie,soit un ensemble lié d'idées,lequel semble plus ou moins à contenu et géométrie variables.
Toute conscience est idéologie(affaire à suivre)
Jeanne
CITATION(Alain-James @ lundi 22 octobre 2007 à 14:59) *
(on voit bien malgré tout que l'écologie peut-être étiquettée "de gauche" avec les verts ou "de droite" avec Nicolas Hulot)

L'écologie de droite est d'ailleurs et justement une vaste fumisterie. Des gens ne s'en rendent pas compte car ils refusent de regarder plus loin que les intentions annoncées ; mais une conception sociale/politique/économique de droite est par essence anti-écologique. Donc on peut toujours dire qu'on est écolo... on peut le dire, comme on peut dire beaucoup de choses... Et ça nous fait de belles jambes à tous, non ?

CITATION(Alain-James @ mercredi 24 octobre 2007 à 09:02) *
Dans ces cas-là, j'ai tendance à croire que l'apparition d'un espace politique au sein de l'INALCO ou de l'un de ses départements est plutôt l'aveu d'un échec, d'une absence de consensus, plutôt qu'un réel point positif.

Oh, bien sûr. Ce n'est pas agréable. C'est même assez déprimant. M'enfin quand il faut, il faut, non ? Ça me fait penser à la France des années 30, pacifiste à tout prix. Tellement à la recherche du moindre consensus qu'on est prêt à oublier toute éthique. Il faut faire attention. À trop vouloir le mieux, on laisse passer le bien ?

Quand je parle de politique, d'idéologie, je parle au fond d'un système cohérent où s'inter-définissent les valeurs morales fondamentales, la conception de l'être humain et de la société, le sens de la vie, les droits, les devoirs, les moyens possibles et les moyens autorisés.
Alain-James
CITATION
L'écologie de droite est d'ailleurs et justement une vaste fumisterie. Des gens ne s'en rendent pas compte car ils refusent de regarder plus loin que les intentions annoncées ; mais une conception sociale/politique/économique de droite est par essence anti-écologique. Donc on peut toujours dire qu'on est écolo... on peut le dire, comme on peut dire beaucoup de choses... Et ça nous fait de belles jambes à tous, non ?

Ca ne rend pas une conception sociale/politique/économique de gauche automatiquement écologique non plus (et je parle même pas des extrêmes - voir ce que les régimes d'après-guerre on fait subir à l'écosystème polonais...). Pareillement, je serais tenté de dire qu'une conception sociale/politique/économique de droite est par essence égoïste - est-ce que c'est le cas sur le terrain comme chez tous les sympathisants? Et est-ce que l'égoïsme pur, individuel, est forcément plus condamnable que l'égoïsme de classe que certains mouvements de gauche prônent?
Bref, à mon sens, ce n'est pas parce qu'on est pas d'accord sur le schéma de production et la répartition des richesses qu'il faut que ça se répercute automatiquement sur sa perception de chacun du développement durable et de la préservation de l'environnement. La "gauche" est un concept vaste qui héberge beaucoup de courants, la "droite" tout autant, y compris certains capables de vivre en bonne intelligence avec la nature et ses ressources - ne serait-ce que par pur instinct de survie. Par souci d'équité, je ne vais pas refuser à la droite la distinction et le traitement différencié que je consacre à la gauche... asmile.gif

CITATION
Oh, bien sûr. Ce n'est pas agréable. C'est même assez déprimant. M'enfin quand il faut, il faut, non ? Ça me fait penser à la France des années 30, pacifiste à tout prix. Tellement à la recherche du moindre consensus qu'on est prêt à oublier toute éthique. Il faut faire attention. À trop vouloir le mieux, on laisse passer le bien ?

Bien sûr je tirais sur la corde et adoptais un point de vue extrémiste, utopique - sinon je ne serais pas là en train de monter une liste si ce n'était pas pour justement essayer d'exciter un peu la fibre politique du département. Parce que l'absence d'un espace politique dans l'état actuel des choses, ce n'est pas l'aveu de la perfection, c'est plutôt celui de l'immobilisme et du je m'enfoutisme - il m'a fallu quelques semaines pour en être sûr voilà tout DD.gif

De là à faire le rapprochement avec la France des années 30... J'ai pas prévu de participer à une liste qui braderait nos petits "tchécoslovaques" du département si c'est à cela que tu fais référence. Bien au contraire.
Jeanne
CITATION(Alain-James @ lundi 03 décembre 2007 à 00:59) *
Ca ne rend pas une conception sociale/politique/économique de gauche automatiquement écologique non plus (et je parle même pas des extrêmes - voir ce que les régimes d'après-guerre on fait subir à l'écosystème polonais...).

Ah parce que pour toi, les régimes communistes d'Europe de l'Est n'étaient pas extrêmes ? Je crois que j'ai envie d'objecter... Pour le reste, ta remarque est tout à fait juste. C'est la différence qui existe entre une implication mathématique et une équivalence. L'équivalence est vraie dans les deux sens ; l'implication, dans un seul seulement.

Pour la droite et la gauche, on est d'accord que ce ne sont que des étiquettes. Tu peux taxer qui tu veux d'être de droite ou de gauche. Mais est-ce que cela signifie pour autant que c'est vrai ? La droite comme la gauche s'appuient sur des principes qui sont différents et impliquent un certain nombre de choses. Après, si les gens d'extrême gauche ont envie d'accuser la social-démocratie d'être de droite, par exemple, c'est leur problème...

Il y a plein de gens qui sont de gauche pour les mauvaises raisons, ou pareillement de droite pour les mauvaises raisons. Mais justement, pourquoi ? Parce que ces gens demeurent dans les réalités mesquines, et n'ont jamais songé à voir le tableau en plus grand. On se rendrait compte alors qu'il y a des tas d'erreurs de logique dans l'arbre, et que chaque nœud erroné fausse une branche, une floraison entière ; de quoi s'épouvanter. Un tas de "vérités" que l'on prend pour acquises ont en fait des fondations plus que branlantes et tomberaient comme des mouches si seulement on prenait la peine de les repasser au peigne de la légitimité.
Alain-James
CITATION
Ah parce que pour toi, les régimes communistes d'Europe de l'Est n'étaient pas extrêmes ?


Benh heu si... Quand je dis ça

CITATION
(et je parle même pas des extrêmes - voir ce que les régimes d'après-guerre on fait subir à l'écosystème polonais...).


Faut comprendre "et je parle même pas des extrêmes, du style de ce que le régime d'après-guerre a fait subir à l'écosystème polonais"
pik
euh parce que la politique c'est sensé être logique ?!? Je suis fort ignorant en ce qui concerne l'histoire de l'humanité mais je doute qu'une politique aie déjà été "logique" avec tout ce que cela comporte d'exigence et de rigueur quand on parle par exemple d'implications.

Honnêtement je pense pas qu'on en soit capable, et d'ailleurs je ne suis pas certain que cela serait souhaitable ! En revanche c'est pour moi une bonne raison pour souhaiter voir se limiter l'influence de la "Sphère Politique" sur nos vie ainsi que les espoirs que l'on place en elle.



Pik qui votera libertarian en 2008, à moins qu'il ne se trompe de pays...
Jeanne
CITATION(Alain-James @ lundi 03 décembre 2007 à 10:52) *
CITATION
Ah parce que pour toi, les régimes communistes d'Europe de l'Est n'étaient pas extrêmes ?


Benh heu si... Quand je dis ça

CITATION
(et je parle même pas des extrêmes - voir ce que les régimes d'après-guerre on fait subir à l'écosystème polonais...).


Faut comprendre "et je parle même pas des extrêmes, du style de ce que le régime d'après-guerre a fait subir à l'écosystème polonais"

Oui, excuse-moi. C'était le matin, j'ai lu vite. hit.gif
Jeanne
CITATION(pik @ lundi 03 décembre 2007 à 20:37) *
euh parce que la politique c'est sensé être logique ?!? Je suis fort ignorant en ce qui concerne l'histoire de l'humanité mais je doute qu'une politique aie déjà été "logique" avec tout ce que cela comporte d'exigence et de rigueur quand on parle par exemple d'implications.

Honnêtement je pense pas qu'on en soit capable, et d'ailleurs je ne suis pas certain que cela serait souhaitable ! En revanche c'est pour moi une bonne raison pour souhaiter voir se limiter l'influence de la "Sphère Politique" sur nos vie ainsi que les espoirs que l'on place en elle.

Bien sûr que c'est censé être logique ! Sinon, c'est juste du blabla.

Je rappelle (encore une fois) que je ne parle pas de politique au sens abusif et concret qu'on lui donne quand on parle hors contexte. Je parle du concept.

On peut souhaiter que soit réduite l'influence de la "Sphère Politique" sur nos vies, mais cela aussi, c'est de la politique. Il faut le vouloir et le faire, ce qui n'arrivera pas par magie...
daktari
en fait, on peut avoir une idéologie au sens propre, peu importe laquelle, on sera soustrait à une idéologie. Mais si on dit que l'on est sous l'influence d'aucune idéologie. Par exemple un apolitique, on reste tout de même cadré par une idéologie qui est justement de ne pas en avoir.

C'est comme La Boetie qui dit qu'il faut refuser toute forme de servitude volontaire et ne pas se laisser mener par sa servitude envers l'Etat. Mais suivre l'idéologie de la Boétie qui est de refuser cette servitude volontaire, c'est admettre une nouvelle forme de servitude volontaire.

Tout ça pour dire que finalement, on ne pourra jamais s'affranchir des idéologies, nous serons toujours soumises à elles. Voilà, j'avais envie de dire ça même si ça sert à rien... moqueur-164.gif
Sultan Rahi
CITATION(daktari @ mardi 04 décembre 2007 à 01:04) *
[???] on reste tout de même cadré par une idéologie qui est justement de ne pas en avoir.

Avoir une idéologie, c'est aussi agir en fonction de celle-ci. S'en fiche (plutôt que de dire que l'on a pas d'idéologie), c'est agir en fonction d'autres facteurs. Ceci dit, pourquoi pas mettre ça dans la même catégorie, moui.
Refuser la servitude envers l'État, comme disait l'ami de Montaigne, ce n'est pas, de facto en accepter une autre. Mais, par la force des choses, parce qu'ils faut se raccrocher à quelque chose, de plus juste ou non, on se retrouve à la fin forcément asservi.
Et pourquoi avoir peur des idéologies ? Parce que, de droite comme de gauche, elle peuvent mener, et ont déjà mené, à des extrêmes ? Se faire son opinion sur la gestion de l'État, et donc d'ensemble plus petit, l'INALCO par exemple, n'a rien de répréhensible en soit. Bien sûr, il faut faire avec sa déception lorsque l'on voit que son utopie (sens large, son idée de ce que devrait être cette gestion) n'est et ne sera jamais mise en place totalement.
Concernant la logique, je n'y crois pas vraiment. Il y a toujours un doute quant au bien fondé d'une politique. Même le plus grand expert fait appel à la chance: "Nous verrons les résultats". Car en plus des objectifs de l'élu (figure christique en diable), il faut satisfaire les autres et pas uniquement dans le seul but de rester en place ; c'est le gros problème des démocraties.
Petit exemple, déjà abordé: la croissance. Comment concilier croissance et respect de l'environnement ? Mon idéologie étant ce qu'elle est, ma réponse simple est que ce n'est tout simplement pas possible. Pourtant, en tout illogisme, la croissance reste le Saint-Graal de la politique actuelle. Sans elle point de salut. L'idéologie progressiste, Auguste Comte toujours pas mort, bien inapplicable sur le long terme est mise en œuvre. Autre exemple: le communisme: mis à l'écrit dans des ouvrages tel que le Capital (incomplet d'ailleurs), il semblerait théoriquement au point par certain et pourrait être mis en place sans problème. Le problème c'est que la géographie a aussi son mot à dire et que le modèle de changement de société via la dictature du prolétariat n'a jamais abouti à quoi que ce soit de concluant. Où est la logique ici.
Par contre, bien que condamnable entre autre par leur manque d'ambition, la décision de se présenter à des élections sous la bannière des femmes est d'avantage logique: il n'y a pas volonté de gagner mais de faire passer un message sans être phagocyté par une idéologie plus forte, voire d'être écouté, soyons fou. Qui ne risque rien n'a rien, mais surtout ne risque rien.

Michaël M, pour une France qui gagne.





Jeanne
Réponse au dernier paragraphe : mais alors dans ce cas on crée une association, non ? Pourquoi faire semblant d'être un parti politique ? Du reste, je comprends mal la démarche "se faire entendre mais ne pas gagner". C'est au fond vouloir quelque chose mais demander à d'autres de le faire pour soi, tout en se plaçant officiellement comme opposant à ces autres... Quel paradoxe. Je crois au contraire que tous les petits partis, même ceux qu'on annonce perdants d'avance, doivent avoir comme base de leur existence l'espoir et la volonté farouche de surprendre tout le monde et d'y arriver quand même...
BaiLang06
CITATION(Jeanne @ jeudi 06 décembre 2007 à 21:05) *
Je crois au contraire que tous les petits partis, même ceux qu'on annonce perdants d'avance, doivent avoir comme base de leur existence l'espoir et la volonté farouche de surprendre tout le monde et d'y arriver quand même...


Pourrais-tu préciser : d'arriver à quoi, pour un "petit parti", dans l'organisation française ?

à faire élire, nécessairement par accord explicite ou implicite avec un parti plus grand, quelques uns des siens au niveau national, régional, départemental ou municipal, et à obtenir un engagement d'action commune sur quelques sujets qui lui sont chers (cf les Verts et les voitures dans Paris), le nombre dépendant en gros des poids respectifs du grand et du petit, avec en contrepartie l'obligation de soutenir le grand parti sur tous les autres sujets ?

à permettre ou empêcher l'élection du représentant de l'un des deux "grands partis" (cf 2002) ?

à faire connaître ses idées le temps d'un premier tour (cf Arlette), sans conséquence institutionnelle et donc sans mise en application pratique, sauf si un "grand parti" pique et met en pratique (avec plus ou moins de distorsions) certaines des idées du "petit" ?

à...?




Ceci est une version "bas débit" de notre forum. Pour voir la version complète avec plus d'informations, la mise en page et les images, veuillez cliquer ici.
Invision Power Board © 2001-2010 Invision Power Services, Inc.