Sultan Rahi
mercredi 25 janvier 2006 à 23:34
QUOTE(Machhendranath @ mercredi 25 janvier 2006 à 20:33)

Et pour info, toutes les langues d'asie du sud, et d'asie du sud-est ont une racine sanskrite. Je ne comprends pas ce dont tu parles avec le Khmer, pourrais-tu preciser ?
Euh... non

. Toutes les langues d'Asie du sud n'on pas une origine sanskrite. Il existe plusieurs groupes. Grammaticalement, les langues dravidiennes, par exemple, sont bien différentes des langues dites indo-iraniennes,ces dernières faisant partie du grand groupe des langues indo-européennes.
Ensuite, il y a les langues austroasiatiques, comme le Santali, qui est parlé par certaines tribus (me souvient plus du terme) ou le khmer, qui nous intéresse ici.
En plus de tout cela on pourrait ajouter les langues tibéto-birmanes.
Le sanscrit dans tout cela?
Il fait parti de la famille des langues indo-iraniennes, donc étranger au khmer, grammaticalement parlant. Il n'est même pas, semble-t-il, le premier venu dans la région. D'autres langues ont pu lui faire concurrence au début et lui-même a pas mal emprunté aux langues dravidiennes (les échanges entre voisins c'est toujours très facile).
Bien sûr, il y a aussi le vocabulaire et l'écriture. Indéniablement, le birman utilise, par exemple, une écriture qui a la même origine que le télougou. Quelqu'un qui parle de
pustakam partout en Inde sera compris des lettrés un minimum. Mais s'il fallait se baser sur le vocabulaire utilisé pour classifier une langue, l'ourdou serait de la famille de l'arabe, le tadjik serait une langue turc et le japonais seraient du chinois, ce qui ne tient pas debout.
Donc...
à la question 2:
QUOTE
Il est vrai que dans le khmer tel qu'on le connait, on peut difficilement déchiffrer un mot sans le connaître au préalable, du fait des origines sanscrites de l'orthographe.
Oui. C'est un problème, mais ce n'est pas un problème insurmontable. Pour revenir sur l'exemple de l'ourdou qui utilise des mots arabes et les utilisent en suivant parfois la grammaire arabe, ou même pour le français utilisant des mots grecs: le mieux est d'apprendre ces règles qui ne sont pas aussi nombreuses que ça quand on y pense. C'est un exercice qui peut se révèler amusant à la longue.
La modification du vocabulaire a souvent une origine politique. En Afghanistan, surtout depuis la fin de la guerre, les grammairiens du pashto se sont penchés sur une uniformisation de la langue, quitte à laisser de côté des spécificités locales. Le but est d'être plus rigoureux, et, en fin de compte plus clair.
En Turquie, les mots arabes (et persans?), à partir de l'arrivée d'Atatürk au pouvoir, ont en grande partie fait place à toute une cohorte de mots puisant son origine dans le vocabulaire ancien de la steppe.
En Inde hindiphone, le sanscrit a joué le même rôle, laissant l'ourdou s'arabiser et se persaniser, selon les époques. Je suppose que le phénomène est le même au Bangladesh et aux Maldives.
Après, est-ce que ton livre est mal écrit? Je n'en sais rien.
Michaël M, homme quoi de plus naturel en Picardie (mais pas en Somme).